Le saut dans le Co-vide !

Ce ne sera pas fini avant que ça soit fini ! (sic)

Déjà 57 jours 10 heures 26 minutes de déconfinement !

Éditoriaux

Edito 25 mai 2020

Avoir confiance, tous confinés, la vie confinée

​Confiance ?

Journal confinement : La confiance est un élément clé de nos sociétés modernes.

Sans elle rien de possible, c’est elle qui nous fait accepter de troquer notre travail contre un morceau de papier garanti par l’état.

Sans elle qui irait s’envoler dans un engin de plusieurs centaines de tonnes dont peu d’entre nous connaissent réellement le fonctionnement ?

 

L’enjeu de la confiance

En démocratie elle est une vertu cardinale. Lorsqu’un gouvernement est élu, c’est un contrat de confiance que les citoyens accordent.

Trompez ce contrat tacite et c’est tout l’édifice démocratique que vous ébranlez.

Ne pas tenir ses promesses est tout sauf anodin pour un exécutif démocratique.

C’est induire une forme de désespérance dans son électorat. A quoi bon voter ? A quoi bon vouloir régir ma vie par mon vote puisque celui-ci est aussitôt méprisé ? C’est injurier l’avenir en préparant la défiance de demain.

Si cet état d’esprit peut être négligé en situation normale, le manque de confiance s’avère dramatique en période de crise.

 

​Une occasion manquée ?

Journal confinement : La crise actuelle risque fort d’en être une. Occasion de renouer le lien entre élus et électeurs, elle s’est vite transformé entre méfiance réciproque des deux parties.

Il aurait sans doute été possible de refonder la relation fragile entre les uns et les autres, de revaloriser le rôle de la puissance publique. Il aurait fallu de la franchise, de la sincérité, nous avons eu des non dits et des arrières pensées.

Réelles difficultés à dire les choses ou mépris de classe d’un coté, il est sans doute trop tôt pour le dire. A l’inverse il sera difficile de juger aujourd’hui si on doit parler d’égoïsme ou de réactions de rejet pour qualifier certains comportements de l’autre.

Les premiers mensonges ont alimenté la défiance, les incohérences du discours officiel ont achevé de décrédibiliser sa parole. L’exécutif paye aussi le passif des années précédentes, des réformes à la hussarde et du manque d’écoute chronique.

Les premiers de cordées ont failli, ils sont désormais démonétisés. Chaque phrase du gouvernement est désormais entachée de doutes et la suspicion laisse toujours des traces. La crise, elle, est toujours là.

Edito 18 mai 2020

écrire encore, journal de confinés, tous confinés

Continuer ?

 

Tous confinés : Continuer à écrire ici a t-il encore du sens alors que nous déconfinons ? Question centrale et futile à la fois, elle s’inscrit dans une multitude d’autres interrogations.

Quel monde sera le notre demain ? Y aurons nous notre place ? y serais-je à ma place ?

Ces questions méritent d’être posées tant je me sens déjà dinosaure. Combien serons nous à être les vestiges d’un temps sans masque, d’un modèle où un sourire pouvait tout dire ?

Ai-je envie d’affronter cet univers ? D’y écrire ?

Le syndrome de la cabane

Evoqué pour moi en premier lors d’un échange de sms, je l’ai découvert ensuite repris par de nombreux médias. C’est la peur de sortir, de quitter le cocon rassurant de notre confinement. C’est la syndrome de la peur et de l’angoisse. Le “syndrome de la cabane” est sans doute prégnant pour beaucoup, mais je ne suis pas sur qu’il s’agisse de cela. La question n’est pas tant d’avoir peur ou non du monde qui vient, mais de l’aimer.

A chacune de mes sorties, je n’ai pas reconnu ce que je voyais. Je n’ai pas aimé ces fantômes masqués que j’ai croisé.

C’est ça le monde de demain ?

Continuer

Tous confinés : Ecrire ces petits billets d’humeur parfois sérieux, parfois beaucoup moins, a été un plaisir pendant cette réclusion généralisée. Plus que ça, je me suis emparé de ce rituel comme une planche de salut. Une façon de vivre cet enfermement sans l’être vraiment, en observateur. Ces articles quotidiens ont été ma liberté pendant 55 jours. Ils ont aussi été l’occasion d’échanger avec ceux qui me sont proches ou moins proches, une fenêtre sur le monde.

Il n’est plus question aujourd’hui de confinement puisque sortir est permis. La question s’est déportée sur nos libertés. Ce sont désormais notre liberté de déplacement, de rester anonyme, de toucher nos proches, de leur sourire sans subir l’opprobre de tous, qui sont en jeu.

Le “journal de confinés” deviendrait alors un “journal déconfit né”

Arrêter ce blog

Et changer le modèle a t-il du sens ? Qui continuera à lire les élucubrations d’un hurluberlu dé-cloîtré ?

Ai-je autant à dire ? En si c’est le cas, encore faut-il en avoir envie. Ecrire prend du temps. Confiné le temps était abondant. L’enjeu était même de trouver de quoi le remplir.

Aujourd’hui, nos activités vont à nouveau se réorganiser, y inclure le temps de ces petits billets est un pari sur le temps.

Je ne sais pas. Se poser cette question ouvertement est déjà l’occasion de vous écrire.

C’est peut-être ça la réponse, écrire sans m’en rendre compte.

Edito 11 mai 2020

11 mai, la peur de sortir, éditorial, tous confinés

La peur du vide

 

 

Je ne veux plus sortir

Journal confinement : Le déconfinement, ce moment fantasmé surement idéalisé, va t-il nous faire peur maintenant ?

Et si le discours anxiogène à outrance devenait tétanisant ?

Les questions se bousculent. On pense au risque, au confort contraint mais sécurisant de nos quatre murs.

Ce qui nous était familier nous est-il devenu inconnu maintenant ?

 

Une renaissance

Une nouvelle vie revient.

Comme des milliers de fœtus, nous allons tous naître un 11 mai. Peut-être les fœtus connaissent-ils cette peur, peut-être l’accouchement s’accompagne t-il d’une véritable angoisse pour le nouveau né.

Nous ne le savons plus et, si ça a été le cas, nous l’avons oublié, au moins consciemment.

L’attrait de l’inconnu est plaisant lorsqu’il est souhaité. Subit, il devient vite vecteur d’angoisses.

​​

Angoisses

Et si après l’avoir tant espéré, beaucoup d’entre nous redoutaient cette libération ? Ce 11 mai est un plongeon stressant dans le brouillard pour bon nombre d’entre nous. Les incertitudes troublent, les demi-vérités et vrais mensonges de la communication officielle finissent de créer le malaise.

On a peur des écoles, de ses collègues et/ou voisins de transport, on a peur de tous et de tout. Quoi de pire que de craindre ce que l’on ne peut percevoir ? L’infiniment petit, l’invisible est traumatisant lorsqu’on l’imagine dangereux.

Nous allons reprendre le cours de nos vies, mais profondément modifié. Aujourd’hui, nous ne pourrons plus nous toucher, nous sourire. Aujourd’hui il ne sera pas possible de se rassurer au coeur du troupeau.

Créer un climat anxiogène pour faire respecter des consignes est une chose, le faire oublier en sera sans aucun doute une autre.

Edito 04 mai 2020

Assumer les responsabilités, éditorial, tous confinés

​L’art de la responsabilité diluée

Journal confinement : C’est un lieu commun que d’affirmer qu’on se révèle en période de crise. C’est pourtant vrai. Nul ne peut dire comment il se comportera lors d’une crise majeure. Les “forts en gueule” se révéleront parfois être des incapables et des lâches et les timorés ceux sur qui nous pouvons nous appuyer.

Cela s’applique bien évidemment à ceux qui nous gouvernent. Gouverner en temps de crise majeure demande une vision et du courage politique. Il faut savoir penser le bien commun avant son devenir personnel.

Prendre des accents Churchillien ne fait pas d’un dirigeant le nouveau “Lion”.

Le premier courage d’un politique est d’oeuvrer pour le bien commun même au prix de l’impopularité, le second est bien évidemment d’assumer ses actions et ses choix.

Courage, fuyons

Le déconfinement se révèle être autrement ardu que l’inverse. Qui aujourd’hui peut garantir que ça ne déclenchera pas un retour en force de l’épidémie ? Peut-on être sur que nos services de santé tiendront le choc cette fois ?

En prenant comme fil conducteur un retour au travail de tous ceux qui en sont éloignés par la force des choses, le gouvernement se complique singulièrement la tache.

Les affirmations sanitaires d’hier reviennent comme autant de boomerangs.

Faire reprendre les parents implique bien souvent de renvoyer les enfants à l’école. N’étaient-ils pas des vecteurs majeurs du virus il y a peu ? Qui sacrifie t-on alors à la sacro-sainte économie ? Les profs devenus inutiles à l’agriculture et de toute façon inoccupés ? Les enfants eux mêmes puisque de porteurs sains, ils semblent devenir sujets à risque eux aussi ? Les parents qui, entre transports et retours de l’école, vont voir les facteurs de risque se multiplier ?

Peu importe, c’est ainsi, mais sous la responsabilité des autres selon les dernières annonces officielles.

Acteurs de terrains ou boucs émissaires en puissance ?

Journal confinement : Aux maires de prendre la responsabilité des réouvertures d’écoles. Il faut, mais démerdez vous. Si, le déconfinement fait repartir l’épidémie, les coupables seront tout trouvés.

Aux parents puisque la rentrée se fera sur la base du volontariat. L’école obligatoire est devenue l’école du “chacun pour soi”. Les télétravailleurs, les plus aisés, pourront sans doute concilier travail et maintien d’un confinement prudent des enfants “pour voir”. Les autres devront faire des choix impossibles : la santé ou le boulot.

A nous tous, enfin, puisque la communication officielle fait de tous et de toutes des criminels en puissance. Par nos inconséquences, nous mettons en péril la nation !

Oubliés les choix budgétaires des années passées, qui nous rendent si vulnérables aujourd’hui. Passés sous silence les masques envolés et les tests aux abonnés absents.

Faire des choix est, en démocratie, l’apanage de ceux qui sont élus. Etre responsables de ces choix, en est sans doute l’honneur oublié.

Edito 27 avril 2020

Nos vies masquées, éditorial, tous confinés

​Nos vies masquées

Journal confinement : Les jours passent. Notre confinement s’étire entre résignation et impatience. Les nouvelles du monde sont figées dans une longue litanie de décès, d’incertitudes et parfois de stupeur. On nous promet des jours meilleurs, mais aussi du sang et des larmes.

Le déconfinement est devenu le nouveau Graal. Nous faire revenir au boulot, une fois la fin de la récré sifflée, est désormais l’alpha et l’oméga de toute l’action publique.

Cette fois encore, les masques deviennent centraux. Masqués, démasqués, obligatoires ou non, chirurgicaux ou “alternatifs”, la valse des masques donne le tournis. Le bal masqué s’emballe et chacun s’improvise expert. Faut-il rendre les masques obligatoires après nous avoir interdit légalement à deux reprises d’en porter en public* ?

Sait-on ce que veut dire vivre masqué dans le monde d’aujourd’hui ?

Masquées

Nos vies masquées seront forcément différentes. Nous prendrons conscience de l’importance de nos mimiques, de nos expressions dans nos interactions sociales. Pour comprendre l’autre, nous avons souvent besoin d’une “vue d’ensemble”. Masqués, nous ferons perdre à nos interlocuteurs une partie de notre message corporel.

Mille actions quotidiennes vont s’en retrouver forcément bouleversées. Comment sourire sous un masque ? Chuchoter demandera une ouïe surhumaine. Le dialogue de sourds deviendra la norme et cette fois plus question de lire sur les lèvres. Tirer la langue n’aura plus de sens. Les premiers émois des amoureux vont souffrir de ces barrières.

​Les présentateurs télé, masqués, devront-ils être sous titrés pour rester audibles ? Les publicitaires auront-ils à se réinventer pour réaliser des publicités conformes à la norme sociale en vigueur ? Notre langage et ses expressions imagées évoluera peut-être. Peut-on croquer la vie à pleines dents sous un masque ?.

Manger au restaurant sera une aventure où il vaudra mieux venir en tablier (essayez de manger masqué). Les fumeurs seront encore plus mis à l’index. Les dentistes vont avoir à réinventer leurs gestes professionnels. Les coiffeurs feront des merveilles pour ne pas couper les élastiques qui nous protègent.

Démasquées

Par contraste, nos vies démasquées seront-elles l’apanage de notre sphère intime ? Une forme de pudeur masquée va t-elle naître de cette période ? Ôter son masque deviendra t-il un jour l’équivalent de se déshabiller ?

Découvrir un sourire sera bien moins naturel qu’il ne l’est aujourd’hui.

Nous risquons très vite de nous sentir prisonniers de ces protections. Utiles, inutiles, la question risque fort de devenir lancinante. Les rebelles, autrefois masqués, seront-ils ceux qui s’affichent au grand jour ?

L’ultime révolte sera t-elle se promener à l’air libre ?

Journal confinement : Bien sur, j’ai ici forcé volontairement le trait. Les mesures à venir ne seront sans doute pas aussi drastiques, du moins je l’espère. Mais une chose me semble certaine, nous ne sortirons pas de cette crise comme nous y sommes entrés. Des modifications pour le meilleur ou pour le pire ? Cette histoire est encore à écrire.

* LOI n° 2010-1192 du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public et LOI n° 2019-290 du 10 avril 2019 visant à renforcer et garantir le maintien de l’ordre public lors des manifestations.

Edito 20 avril 2020

Emmurés confinement, trou de serrure, tous confinés

​Une équation à n inconnues

Journal confinement : Si confiner la majorité de la population française s’est fait sans trop de heurts, la sortir de cet isolement va sans doute être une toute autre histoire.

“Déconfiner” ou plutôt la “phase suivante” puisque c’est le terme désormais usuel s’avère bien plus complexe et risqué. Elle fait ressortir espoirs et angoisses, elle met à jour les failles béantes de notre société.

Nous faire revenir, pas à pas, vers une situation aussi normale que possible est comme résoudre une équation aux multiples inconnues. A ceci près que, cette fois, nous ne connaissons pas ces mathématiques.

Inconnue sanitaire

De ce virus, nous ne savons presque rien. Chaque jour, nos services de soins apprennent en marchant. Les symptômes sont connus, mais si peu des mécanismes de propagation, de contagiosité, d’immunité. Nous pouvons même pas dire si ce virus s’adaptera aux chaleurs de l’été. Nous ne savons pas encore tester la population, nous ne pouvons qu’à grand peine protéger nos soignants et seulement eux.

Qui et comment pouvons nous libérer de cette réclusion ? Comment protéger les plus fragiles sans pour autant les isoler plus encore ?

Inconnue économique

L’arrêt brutal de notre système économique est sans précédent. Personne ne peut dire aujourd’hui comment il s’en relèvera. Le coût de ces mesures est pharaonique et il faudra veiller qu’il soit supporté équitablement.

L’urgence est ailleurs, il faut relancer une machine complexe où les interconnexions sont multiples en limitant un retour en force du virus. Il faut la faire repartir progressivement sans perdre de vue que chaque rouage est utile. Un seul oubli et le tout risque de se gripper. Et recommencer à l’identique sans tirer les leçons de cette crise a t-il du sens ? Voulons-nous et saurons-nous changer ce qui nous a poussé dans le mur ?

Inconnue sociale

Comment protéger les plus faibles ? Comment faire fonctionner les mécanismes de solidarité sans faire prendre de risques inconsidérés à ceux qui les portent ?

L’accès à l’éducation pour rattraper le retard des plus isolés sans oublier ceux qui ont réussi à suivre ? Comment protéger ceux qui vont subir le choc frontalement, se retrouver au chômage ? Garanties des logements, des besoins vitaux, soins, éducation, transport, etc… tous cela va être à recalibrer pour faire face à la demande.

Avec cette crise les premiers de cordée n’ont-ils pas trouvé leurs limites ?

Inconnue politique

Inconnue politique enfin, car les vieilles lunes idéologiques vont surement revenir en force. Ceux qui ont un temps oublié le marché roi ne vont-ils pas y revenir ? Ne va t-on pas nous réaffirmer que la sacro sainte concurrence fera des miracles. Aujourd’hui nous connaissons les mécanismes qui font naître ces zoonoses, ne va t-on pas les oublier demain ?

Comme en 2008, les grands groupes se verront-ils renflouer sans qu’il soit demandé la moindre contrepartie ? La dernière loi de finance rectificative le fait malheureusement craindre.

Journal confinement : La résolution d’une sortie de crise est extrêmement complexe. Pour y arriver, il faudra à nos dirigeants une forte dose d’honnêteté, de courage politique. Espérons qu’il sauront se montrer à la hauteur de l’enjeu. La “phase suivante” chère à Edouard Philippe sera cruciale à plus d’un titre. A nous de veiller à ce que les leçons soient tirées de ce que nous vivons.

Edito 13 avril 2020

Emmurés confinement, trou de serrure, tous confinés

Opportunisme nauséabond et polémiques

Journal confinement : La litanie des chiffres des décès suit toujours son cours macabre et déjà certains sont à l’œuvre pour profiter de cette crise. Les masques tombent et l’inhumanité de certains se dévoile au grand jour.

Vautours

Ils nous annoncent l’austérité, prennent des accents churchilliens pour tenter d’obtenir ce qu’ils n’ont pu avoir autrement. La fin des 35 heures, la mise à mal des dernières protections sociales, chaque demande est empreinte d’une idéologie, d’un esprit de revanche à peine masqué. Ne se rendent-ils pas compte combien ces mots sont déplacés. Ne peuvent-ils voir, aveuglés comme ils sont, comme ces demandes laissent transparaître un manque d’humanité ?

Ils nous vouent à un travail sans fin. Ils désirent sans honte faire reposer les réparations sur ceux qui souffrent déjà le plus. Coupables en partie de cette pandémie, ils voudraient en tirer profit. Comme toujours.

Reconstruire

Oui, cette période laissera des traces, et y aura un effort à faire de reconstruction. Il faudra tirer des leçons, voir aussi avec honnêteté comme notre système social a été, une fois encore, protecteur. L’hôpital public a pu surmonter un effort que d’autres n’ont pas pu soutenir. Le chômage partiel, les mesures financières déjà prises et celles sans doute à venir, permettent pour l’instant à bon nombre de nos concitoyens de ne pas sombrer.

Tous confinés : L’état providence, tellement décrié, montre dans ces périodes de crise combien il est nécessaire pour protéger les plus faibles. En 2008, c’est l’économie financière qu’il a fallu sauver pour ne pas la voir contaminer l’économie réelle. Aujourd’hui c’est cette dernière qui est mise à mal par cette crise sanitaire. Les rescapés d’hier devraient se montrer solidaires plutôt que rapaces. Si leur mémoire est trop courte, il nous faudra leur rafraîchir.

D’autres, et de façon surprenante, semblent l’avoir compris. Ceux-là ont remisé leur idéologie (pour combien de temps ?) et tiennent un discours qui cherche le bien commun. Feu de paille opportuniste ou véritable prise de conscience ? Il faudra juger aux actes et sur le temps long.

Edito 06 avril 2020

Emmurés confinement, trou de serrure, tous confinés

La tentation de la transgression

 

Journal confinement : Nous arrivons cahin-caha au 21 ème jour de confinement. 3 semaines que, tous, nous sommes plongés dans cette réclusion forcée. Il fait beau, le printemps est à l’heure au rendez vous.

Grande est la tentation d’échapper, ne serait-ce que l’espace de quelques instants, au climat ambiant. Marcher normalement, respirer l’air de nos rues, pour une fois exempt ou presque, de pollution.

Enfermés dans un appartement, parfois exigu, avec conjoint-e et enfants-s, comment ne pas songer à l’évasion ? Comment des parents pourraient-ils ne pas rêver de laisser leurs enfants se défouler quelques minutes au grand air ? Qui peut dire sans mentir qu’il ne s’imagine pas de reprendre, même une heure, le cours normal de sa vie ?

Oui, ce n’est sans doute pas raisonnable. Oui, nous ne savons que trop peu de chose sur ce trop fameux Covid-19 pour qu’il soit possible de garantir une attitude sans risque. Il est vrai, oui que se mettre en danger c’est prendre le risque de contaminer plus tard proches, secours et soignants.

Nous devons tous faire un effort collectif, solidaire, pour sortir ensemble de cette sombre période.

Faut-il pour autant nous infantiliser, nous culpabiliser dans des discours chaque jour plus répressifs ? Faut-il mettre en accusation permanente les uns et les autres pour pallier à des défauts de communication ou masquer des erreurs commises ?

Si l’heure n’est sans doute pas à la polémique aujourd’hui, ce n’est pas non plus un blanc-sein qu’il faut accorder. Si nous devons être citoyens aujourd’hui, il nous faudra nous souvenir demain. Nous souvenir et être garant de nos libertés mises entre parenthèses un moment.

Edito 30 mars 2020

Angoissés de tous pays, confinez vous

 

Journal de confinement : Confinés de tous pays, angoissez vous

Tous confinés : La deuxième semaine de confinement touche à sa fin. Elle semble être la seule dans ce cas, et notre réclusion se prolonge sans que quiconque ne puisse raisonnablement en voir le bout. La litanie des malades, des décès, de l’épuisement physique et moral se poursuit sans faiblir.

Le manque de moyens que l’on ressasse jusqu’à la nausée inquiète, trouble même les plus solides. Insidieusement le climat est chaque jour plus anxiogène. Comme dans un drame soigneusement orchestré (rassurez vous pas de complot en vue), la tension monte à mesure que notre patience s’étiole.

Tous confinés : Regarder les infos finit par taper sur le système. On tousse à l’unisson des malades qu’on nous présente sans pudeur. On devine sa respiration devenir plus difficile le temps d’une angoisse passagère. Chacun se plonge dans les affres de la maladie annoncée.

Faut-il ainsi jouer des peurs pour voir appliquer une politique sanitaire ? Faut-il plonger un pays dans l’angoisse ?

Si l’on n’y prend pas garde la dépression généralisée risque fort d’ajouter une crise sanitaire à la crise sanitaire.

M. Macron, je vous en conjure, déclarez le 1 avril grande cause nationale ! Rendez obligatoires ses poissons, décrétez les farces et attrapes activités stratégiques. Libérez les coussins péteurs et subventionnez le fluide glacial au même titre que le gel hydroalcoolique !

Edito 23 mars 2020

Le monde à travers la serrure

Journal de confinement

Tous confinés : Cette réclusion réduit notre vision du monde. Celle-ci s’est depuis singulièrement amenuisée, comme filtrée par un prisme d’ennui, d’impatience et d’angoisse. Selon notre humeur ou notre façon d’appréhender le quotidien, nous jouons de ces filtres et de leurs curseurs.

Nos existences se réduisent à quelques mètres carrés (avec pour les plus chanceux, dont j’ai pleinement conscience de faire partie, d’un peu d’extérieur). Oser les franchir est devenu une faute morale, déjà un délit voire prochainement un crime.

Les liens sociaux se sont réduits à l’extrême, au premier cercle lorsqu’il existe encore. Un peu plus vaste pour qui maîtrise les modes de communication moderne. Ce confinement agit peu à peu comme un projecteur, mettant en lumière les fractures de notre société.

Tous confinés : Révélateur d’inégalité cette crise l’est certainement.

Tout d’abord inégalité sociale qui transparaît de façon criante pour l’accès à l’essentiel : que vivent les sans abris, les migrants et autres laissés pour compte aujourd’hui ? Les associations de secours ne peuvent que difficilement fonctionner, certaines ont même du arrêter leurs actions.

Puis, bien sur, inégalité sur le lieu de confinement, il est sans doute bien plus supportable d’être cloîtré dans une maison avec jardin ou terrain que d’être reclus dans une chambre sous les toits d’une grande ville. Inégalité encore entre ceux dont les liens sociaux sont riches et les solitaires coupés de tout et tous. Inégalité des savoirs portés par les différentes technologies de communication.

Et enfin inégalité à l’échelle mondiale où il vaudra sans doute mieux être tombé malade dans un pays aux infrastructures solides plutôt que dans une zone fragile.

Inégalitaire, elle le sera sans doute plus encore lorsque cette parenthèse se refermera et qu’il faudra faire les comptes.

Edito 17 mars 2020

La clé dans la serrure

Journal de confinement

C’est fait. Nous voilà confinés, reclus à la maison, enfermés à double tour par une salle bestiole, le coronavirus Covid-19.

Après l’indifférence à ce mal lointain, nous avons souri devant la prononciation hasardeuse de Wuhan par les journalistes.

C’était, il y a une éternité… toute proche. Puis l’incrédulité a commencé à poindre devant la litanie dramatique des chiffres de l’épidémie toujours plus proche.

Pas à pas, il nous a fallu prendre conscience, ranger nos sarcasmes, penser utile. Nous avons du aussi refuser de céder à la psychose, refuser de participer à l’hystérie de stockage, rassurer les plus jeunes, prendre soin des plus fragiles, nous préparer.

Et enfin fermer la porte.

Il n’y aura pas dans ce journal de bord de conseils chaque jour ressassés, ni de jugement d’autrui.
Ces quelques recueils, les plus courts possibles j’espère, ne sont qu’un clin d’oeil à la vie confinée. Comment nous réinventons nous, comment appréhendons nous le temps qui passe différemment ?

C’est aussi une façon de passer le temps, essayez vous verrez 🙂

Quels prisonniers du virus sommes nous ?

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