Activités ou pathologies ?
Depuis notre réclusion stricte et généralisée, il nous a bien fallu trouver des occupations. S’il est facile de meubler quelques jours, ce confinement qui s’éternise commence doucement à poser problème à certains. Heureux sont les passionnés. Les travailleurs (et principalement les télé-travailleurs) sont observés avec envie, jalousés pour ces taches à accomplir. D’autres peuvent commencer à souffrir de ce qu’il nous faudra bien appeler pathologie du confinement.
Il y a peu encore nous nous plaignions d’un rythme de travail insupportable, aujourd’hui nous préemptons la moindre tache sans états d’âmes. La plupart sont ménagères ? Peu importe.
La fin de la procrastination
Pathologie du confinement :Qui n’a jamais remis au lendemain un rangement à faire, une pièce à nettoyer ? Tout être humain normalement constitué a au moins une fois dans sa vie reculé devant l’obstacle (cherchez bien, vous aussi). Le coronavirus a, là aussi, bousculé toutes nos certitudes.
Aujourd’hui plus personne ne remet au lendemain. On se presse, on se bouscule pour ranger. L’aspirateur est devenu l’objet de toutes les convoitises, voire un sujet de conflit. La serpillière, souvent méprisée autrefois, a repris ses lettres de noblesse. Avoir un tour de vaisselle à faire sera une récompense si notre enfermement se prolonge encore longtemps.
Nous tous devenus des adeptes assidus du ménage. Pour certains ce comportement est tellement marqué qu’il confine à la maladie.
La ménagite
Ranger, nettoyer est une occupation facile, n’exigeant pas de capacités particulières. En ces temps de confinement tout le monde range avec enthousiasme. Pour certains, c’est devenu plus problématique.
Ranger un placard est quelque chose de nécessaire. Le ranger 4 fois dans la semaine pose question.
Lorsque le ménage devient une obsession, crée un état de quasi manque, ce n’est pas normal ! Si vous vous surprenez à ranger de nouveau ce que vous avez rangé il y a quelques heures à peine, cela doit vous interpeller.
Peut-être êtes vous en train de présenter les premiers symptômes de ce que l’on commence à appeler la “ménagite”*. Si le mal peut paraître bénin et prêter à sourire dans cette période de réclusion, il évolue parfois en phase aiguë bien plus inquiétante.
Le syndrome de la mise en abyme
Il arrive, rarement heureusement, que la “ménagite” évolue en une forme plus grave et obsessionnelle. Cette pathologie du confinement n’est pas anodine. Si vous voyez l’un de vos proches habituellement passionné de rangement et autres coups de balai, se mettre à nettoyer frénétiquement ce qu’il vient d’utiliser pour son ménage, inquiétez vous.
Sa “ménagite” a peut-être évolué en “syndrome de la mise en abyme” !
Nettoyer un balai à la brosse de crin, puis la brosse à l’éponge, puis l’éponge avec je ne sais quoi d’autre, n’est pas normal ! Si votre conjoint-e récure avec enthousiasme les moindres recoins de son aspirateur avant d’entreprendre de laver chaque ustensile ayant servi au nettoyage, tentez de le calmer. Si vous échouez…
On le voit, en à peine 3 semaines d’enfermement, certains d’entre nous commencent à développer des symptômes problématiques. Allons nous déconfiner à terme une population de maniaques névrosés ? Je vous quitte… j’ai un peu de rangement à faire.
* Merci à Thierry Lhermitte que j’ai, pour la première fois, entendu prononcer ce terme. J’ose espérer qu’il ne m’en voudra pas pour cet emprunt.