Le saut dans le Co-vide !

Ce ne sera pas fini avant que ça soit fini ! (sic)

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Des sens qui s’amenuisent

La question a du sens dans nos vie de confinés avec un univers qui se rétrécit chaque jour. Nos murs nous entourent chaque jour un peu plus, les perspectives qu’on nous offre ne sont pas réjouissantes. Notre vie s’écrit-elle à minima ?

Perte des sens

perte de sens, tous confinés Comment pourrait-il en être autrement dans l’univers clos dans lequel nous sommes maintenus ? Même si (je le répète encore) je me sais privilégié avec un peu d’extérieur à portée de main, cet enfermement commence à peser sur nos perceptions. J’imagine ce qu’il doit en être pour ceux qui sont cloîtrés entre les quatre murs d’une chambre.

Sens après sens

De nos sens, c’est sans doute la vue qui subit de prime abord cette situation. Nous n’avons plus d’horizon, plus de perspectives où le regard se perd (sauf à habiter en haut d’une tour). Notre champ de vision se heurte toute la journée à des murs, plus ou moins proches, plus ou moins acceptés. Depuis trois semaines notre vue s’est fortement rétrécie. Nous la mettons encore plus à mal avec un usage plus intensif des écrans, des livres ou autre activité en lumière artificielle.

L’ouïe suit de peu. Nous avons perdu, parfois sans nous en rendre compte, les bruitages quotidiens de nos vies. Pas ou peu de circulation automobile, même lointaine, pour agresser nos oreilles. Confinés comme nous sommes, nous nous réduisons à nos propres bruits. Nos murs nous enferment dans un cocon silencieux. Attention au retour à la normale, les bruits de l’activité humaine risquent fort de nous agresser.

Le toucher lui aussi a vu son aire diminuer. Sans nous en rendre compte, nous comprenons une bonne part du monde qui nous entoure par nos mains et nos pieds. Le contact, la chaleur, les éventuelles vibrations de ce que nous touchons ou foulons des pieds regorgent d’informations. Aujourd’hui, dans la plupart des cas, nous nous contentons de ce que nous connaissons déjà… sur le bout des doigts 🙂

L’odorat et le gout sont sans doute, sauf atteinte du coronavirus, les deux sens les moins impacté. Nous les entretenons par notre alimentation. La place disproportionnée prise par cette dernière permet à ces deux sens de compenser un peu l’absence d’autres influx extérieurs.

Le confinement endort nos sens, espérons que le réveil ne soit pas trop brutal.

Perte de sens

Si nos perceptions s’amenuisent, elles ne sont malheureusement pas les seules. Quel sens donner à nos vies alors que chaque jour ce qui en fait le sel s’estompe un peu plus ? Nos liens sociaux, nos engagements, notre créativité, notre travail, tout cela s’érode au fil des jours confinés par le Covid-19.

Oui, nous arrivons à maintenir un semblant de lien par ces réseaux qui tissent nos existences du 21ème siècle. Nous recréons nos groupes sur la toile, prenons l’apéro sur Skype, laissons nos états d’âmes sur des journaux en ligne. Certains font preuve d’une créativité sans limite, l’humour reste essentiel et ça rassure. Malgré tout, les contacts nous manquent, les embrassades, les rires communicatifs, les regards et silences martèlent leurs absences.

Le collectif mis à mal

Le tissu associatif est malmené, essentiel d’ordinaire il voit ses structures affaiblies. Nos engagements associatifs mais aussi politiques, syndicaux ou autres se réduisent à la portion congrue.

Notre travail, salarié ou non, a du lui aussi s’adapter. Certains se sont retrouvé noyés dans l’urgence alors que la plus grande partie d’entre nous s’est vu contrainte à un maintien d’une activité forcément réduite. Le télétravail imposé trouve souvent ses limites dans un monde où chômage technique et arrêt maladie de circonstances deviennent une presque règle.

Chacun a vu ses repères voler en éclat, la part informelle de nos actions disparaît avec le confinement. Isolé, il ne reste que la répétition mécanique de missions et de taches au télétravailleur.
D’autres, comme les enseignants ou autres transporteurs, doivent assumer leurs missions dans des conditions inconfortables et c’est un euphémisme.

D’autres encore, soignants, mais aussi caissières, chauffeurs en contact avec le public ou encore éboueurs travaillent désormais dans des conditions périlleuses. Pour ces derniers le sens au travail s’en trouve renforcé, mais pour la grande majorité, qu’est-il devenu ? Le travail accompli garde t-il son sens sans les liens sociaux qu’ils fait naître ? Les règles communes, notre code du travail ne sera t-il pas mis à à mal par des mesures inopportunes (je n’ai pas dit, pas encore, opportunistes)

La créativité, une forme de résilience ?

Seule la créativité semble tirer, un peu, son épingle du jeu. Les artistes s’offrent à un public captif, des inconnus deviennent vedettes d’un jour. Chacun résiste à sa manière, se réinvente. Les parents font des merveilles d’imagination pour leurs enfants. Chacun devient régisseur de son théâtre.

Cette crise met à mal nos sens et nos repères. Il nous faut faire le dos rond pour laisser passer cette fameuse vague aussi anxiogène qu’invisible. Il nous faudra sans aucun doute être parfaitement en éveil lors de notre retour à une existence dite normale.

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